Une autre vision du monde gay et lesbien.
Moins de stéréotypes, plus d'information.

Fantasmer sa vie

Pensées soudaines d'un bloc de glace qui ne veut plus en être un...


J'écris cet article car j'espère qu'il me servira de point de départ pour une nouvelle vie. Je vais essayer d'être honnête avec moi-même, mais aussi honnête avec vous, qui me connaissez maintenant depuis quelques temps.

Ce que vous connaissez de moi... ce n'est peut-être rien. Ce n'est peut-être qu'un personnage que j'ai créé afin de combler mon vide intérieur. Mais pas au hasard... Vous allez comprendre.

Dans mes sensations, tout passe par une intellectualisation quasiment totale des choses... Je ne réagis pas à telle ou telle chose parce que mes émotions me poussent à réagir ainsi, c'est juste que la réflexion me dicte les réactions que j'aurai normalement si tout était normal.

J'ai remarqué que depuis des années maintenant, je fantasme ma vie bien plus que je ne la vis. Je fantasme les sensations que je pourrai avoir, je fantasme les émotions que je pourrai vivre, je fantasme les délire que je pourrai réaliser... Je commence même ( oui, on va me huer mais j'avoue ) à fantasmer les relations que je pourrai avoir.... Sans les vivre! Le soir je m'endors en me disant que la journée de demain sera peut-être différente, le matin je me réveille en me disant que si cette pote-longue-durée m'effleurait la main, cela me ferait tomber par terre... Mais je sais qu'il n'en est rien, et qu'elle pourrait même m'embrasser à pleine bouche que cela ne me ferait plus d'effet intérieur que n'importe quoi...

Je garde espoir, mais est-ce utile?

Mettre de la musique en espérant qu'un jour un choc surviendra et que je me réveillerai, que je sentirai mon coeur battre avec le rhytme et mon adrénaline monter à chaque note de guitare... Ou bien vomir tellement cette soupe de note est insupportable..

Regarder un film en espérant que malgré moi, mon cerveau s'y plongera seul et que je perdrai le contrôle de moi-même, jouissant ainsi de l'expérience et comprenant chaque parcelle de l'émotion qui est, d'après mes semblables, présente à chaque seconde. Ou bien s'ndormir devant ce naveton merdique...

Regarder quelqu'un et me sentir m'envoler, ne plus pouvoir réfléchir, ne trouver que la perfection en elle et n'avoir envie que de la déshabiller... Ou ne voir en elle qu'horreur et dégout..

Déprimer? J'en viens à vouloir... déprimer, voire tout en noir, être à l'agonie... juste pour pouvoir me battre et me relever.

Ce sont des sensations absolument naturelles pour vous autres... ce ne sont que des rêves pour moi. Je fantasme ces moments où je réagirai non pas parce que "quelque chose en moi me dicte d'adopter ces réactions", non pas parce que mon intellect me dira "Si tu étais normal, toi tu réagirais comme cela"... mais bien parce que la situation entraînera naturellement cette réaction, sans que j'ai à me poser de question, sans que je puisse le contrôler.

Mes sens dorment, mon coeur bat mais je ne l'écoute pas, je ne parviens pas à l'écouter, et quand bien même je parviendrai, que m'apporterait-il? Mon cerveau? Lui ne s'arrête pas, il ne pense qu'au moment où tout cela cessera enfin. Je rêve d'être un volcan bouillonnant qui, un jour, explosera totalement. Ca sera même probablement le tatouage de dos que je ferai si ce jour arrive.

La sensation d'avoir ce qu'il faut pour être heureux.. Sauf qu'être heureux, pour moi, ça ne veut rien dire: je ne suis ni heureux, ni triste. Les coups durs arrivent parfois, mais j'y suis insensible et je continue tout droit, comme s'ils n'avaient aucune influence sur moi. Je ne pleure pas. Je suis un pilier en fer que rien ne peut ébranler... Même pas la mort de personnes normalement chères - du moins je crois - mais ce pilier, est-il vivant? Est-il mort? Ces personnes, me sont-elles seulement vraiment chères?

Le pire de tout est que cela ne se voit pas... Je reste disponible aux gens, en apparence heureux de vivre et fier... Comble de l'hypocrisie - ou est-ce une forme de courage? - je refuse d'abandonner, je veux continuer... je me suis même découvert récemment un talent ( d'après des connaisseurs en tout cas ) pour la guitare électrique... mais les notes résonnent dans l'air, entrent dans mes oreilles, sont analysées par mon cerveau... et cela s'arrête là, je ne vibre pas.

Intérieurement, je ne vibre pas. Même à l'écriture de ce texte... les yeux qui piquent, très légèrement, mais c'est tout.

Je vais sur mes 24 ans, et je n'ai jamais encore vécu comme d'autres vivent. Mais je n'abandonnerai pas. Je sais que si un jour j'arrive à dépasser cet état, les portes de la compréhension de moi-même s'ouvriront totalement, me donnant peut-être même une longueur d'avance sur d'autres personnes qui n'ont jamais eu besoin de se poser la question.

Alors pour finir sur une note positive, chérissez vos émotions et vos sensations, quelles qu'elles soient, positives ou négatives, de la plus belle envie à le pensée la plus noire et la plus morbide, parce que ce sont elles qui donnent un sens réel à la vie. Je ne souhaite à personne de ressentir mon vide à moi.
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